Roaming the Wilderness
Peaks of the Balkans

Peaks of the Balkans

Peaks of the Balkans, et tout ce qui se trouve sur le chemin

Dates 01 mai – 20 août 2017
Durée 112 jours
Itinéraire Pologne → République tchèque → Autriche → Slovénie → Croatie → Bosnie-Herzégovine → Serbie → Monténégro → Kosovo → Albanie → Macédoine du Nord → Bulgarie → Roumanie → Moldavie → Hongrie → Slovaquie → Autriche → Allemagne → France → Espagne
Coups de coeur du voyage
Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine
Coucher de soleil au Monténégro
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Libearty Bear Sanctuary, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie

C’était mon premier long voyage. Après avoir monté ma première boîte, j’avais besoin d’une vraie pause, et je me suis acheté un van, un Volkswagen T4 California de 20 ans, pour partir à l’aventure pour de vrai. À l’époque, j’étais en couple avec Elisabeth, qui aimait elle aussi le grand air et dont le contrat de travail se terminait en avril ; on a donc décidé de partir début mai.

Notre beau van qui nous a emmenés dans cette longue aventure
Notre van au début du voyage
Notre van sur la route

Elisabeth avait travaillé pour une ONG qui pilotait un projet appelé Peaks of the Balkans, un sentier de grande randonnée pensé pour relier l’Albanie, le Kosovo et le Monténégro après les conflits qui avaient déchiré la région, tout en aidant les communautés montagnardes isolées à développer un tourisme durable et de meilleurs revenus. Le sentier fait environ 192 km, se boucle en 10 à 13 jours, et a été lancé en 2009 grâce à une coopération transfrontalière soutenue par la GIZ, l’agence allemande de développement.

Le Peaks of the Balkans était l’objectif principal de cette aventure, et c’était aussi l’occasion de découvrir tout le sud-est de l’Europe, une région où je n’avais jamais voyagé. On a commencé par traverser la Pologne, où on s’est arrêtés voir ma fille. Puis on a mis le cap sur Cracovie, où on a passé un peu de temps à explorer la ville, et plus tard sur Auschwitz. Je m’attendais à un défi émotionnel, mais j’avais largement sous-estimé l’impact que ça allait avoir sur moi. On a tous vu des images des atrocités qui se sont produites là-bas, mais ce que les photos ou les films ne rendent pas, c’est l’immensité du lieu. Être là, voir des centaines et des centaines de baraquements parfaitement alignés, puis apprendre dans quelles conditions les gens devaient survivre, à quel point tout avait été méticuleusement conçu pour infliger un maximum de souffrance, ça laisse une marque, et ça abîme le peu de foi qu’on a encore en l’humanité. Il nous a fallu presque trois jours avant de pouvoir penser à autre chose et recommencer à sourire. Je n’ai pris aucune photo là-bas. Ça me semblait déplacé, et je n’avais aucune envie de revivre ça plus tard en regardant des images.

On a ensuite franchi la frontière vers la République tchèque, puis l’Autriche, avec une petite pause à Vienne. On est finalement arrivés en Slovénie, le premier endroit où on a vraiment pris notre temps. On a visité Bled et Ljubljana, et on est tombés par hasard sur un incroyable réseau de grottes souterraines qui s’est avéré très populaire mais dont on n’avait jamais entendu parler, un coup de chance trouvé au détour d’une rando. Plus tard, on a rejoint la côte à Koper et Piran, où on a pu profiter d’un paysage plus méditerranéen. La Slovénie m’a laissé une excellente impression. À quelques heures de la capitale, tu peux te retrouver soit en montagne, soit au bord de la mer, une combinaison plutôt rare.

Le lac de Bled et ses environs, Slovénie
Lac de Bled, Slovénie
Lac de Bled, Slovénie
Autour du lac de Bled, Slovénie
Autour du lac de Bled, Slovénie

Direction le sud, en Croatie, et belle pause à Motovun, dans une oliveraie. On a continué à l’est et visité le parc national des lacs de Plitvice, célèbre pour ses nombreuses cascades et ses lacs turquoise reliés par des passerelles en bois. Puis on est descendus jusqu’à Split, où on est restés quelques jours en bord de mer. On a poussé encore plus au sud, fait un rapide arrêt à Dubrovnik, mais la ville était tellement bondée que c’était dur d’en profiter. On a continué et on a fini la nuit dans un fort militaire abandonné, le Fort Punta Oštro, à la pointe de la péninsule de Prevlaka, le point le plus au sud de la Croatie continentale. Un endroit vraiment sympa où dormir.

Parc national des lacs de Plitvice et Split, Croatie
Cascade au parc national des lacs de Plitvice, Croatie
Cascade au parc national des lacs de Plitvice, Croatie
Split, Croatie

Il était temps de passer la frontière, direction Sarajevo, avec un arrêt à Mostar, une vieille ville célèbre pour son très haut pont, du haut duquel des gars du coin sautent pour impressionner la foule et gagner quelques pièces. Sarajevo a été une autre belle expérience. On y était pendant le Ramadan, ce qui a rendu la ville spéciale : les soirées étaient si chaleureuses, tout le monde se retrouvait dans les cafés après le coucher du soleil pour profiter enfin d’un moment avec amis et famille. En parallèle, on a eu notre deuxième électrochoc en visitant des musées qui détaillent les horreurs de la guerre, les camps de concentration et le siège. Tout ça est devenu très réel quand on a fait une visite guidée de la ville, où les murs sont encore criblés d’impacts de balles et de cicatrices d’éclats d’obus.

Mostar et Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
Mostar, Bosnie-Herzégovine
Sarajevo, Bosnie-Herzégovine

Après Sarajevo, on avait envie de retrouver la nature et on a mis le cap au sud, vers le parc national de Sutjeska, où on a fait une belle rando avec des vues à couper le souffle. Rien que rejoindre le départ du sentier avec le van a été un vrai défi, les routes étaient dans un état désastreux. Le sentier lui-même n’était pas du tout balisé, et on s’est perdus plus d’une fois, d’autant qu’on ne pouvait pas vraiment compter sur d’autres randonneurs pour nous guider : on a croisé un seul groupe de quatre personnes sur toute la journée. Mais se perdre là-bas en valait largement la peine, rien que pour les paysages qu’on a découverts.

Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine
Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine
Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine
Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine
Parc national de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine

L’étape suivante, c’était la Serbie. Avec ce qu’on avait appris en Bosnie, le séjour là-bas a été nettement plus dur, surtout après une visite guidée à Belgrade où le guide était dans le déni complet des événements de cette guerre. Une fois Belgrade derrière nous, on a quand même profité de beaux paysages et croisé des locaux adorables, qui nous offraient de la rakija à 8 h du matin et qui semblaient sincèrement étonnés quand je déclinais poliment. C’est aussi là que j’ai rencontré pour la première fois de vrais overlanders, un couple britannique qui voyageait dans un Land Rover de 20 ans.

Des locaux adorables et de beaux paysages en Serbie
Serbie
Serbie
Serbie
Couchers de soleil au Monténégro
Coucher de soleil au Monténégro
Coucher de soleil au Monténégro

Ensuite, le Monténégro, et je crois que c’est là qu’on a démarré notre rando de 192 km. Je ne suis pas tout à fait sûr parce que j’écris cette page 10 ans plus tard. On randonnait quasiment tous les jours depuis le début du voyage, mais c’était notre première vraie tentative de rando sur plusieurs jours. La toute première de ma vie, en fait. Savoir qu’on pouvait dormir dans des gîtes où le lit et les repas étaient assurés a beaucoup aidé, parce qu’on n’avait pas à porter de nourriture ni de matériel de couchage, et que nos sacs restaient bien plus légers. On a vécu des moments incroyables tout au long du sentier. Tout le monde était merveilleux, accueillant, d’une gentillesse incroyable. Beaucoup ne parlaient pas trop l’anglais, mais on trouvait toujours un moyen, et c’est dingue ce qu’on peut se dire avec un sourire et un geste de la main. Les paysages étaient superbes, et voir la vie des fermiers de près, c’était nouveau pour moi. J’ai même trait une vache là-bas et bu son lait. Un truc clairement étrange à faire pour moi, et pas vraiment en accord avec mes valeurs, mais une expérience intéressante que je ne regrette pas une seconde. Cette rando reste un souvenir vraiment incroyable, qui me tient à coeur.

Le sentier Peaks of the Balkans, à travers le Monténégro, l'Albanie et le Kosovo
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans
Sentier Peaks of the Balkans

De là, on a repris la route et traversé l’Albanie du nord au sud. Quel beau pays. La mer Adriatique est magnifique, les gens sont très chaleureux, et on était à des années-lumière de la Croatie bondée. J’imagine que 10 ans plus tard, c’est moins vrai, mais à l’époque on a vraiment adoré être là. Puis on a filé à l’est vers la Macédoine du Nord et traversé la Bulgarie en direction de Varna, sur la côte de la mer Noire.

Bulgarie
Bulgarie
Bulgarie

On est rapidement remontés en Roumanie. On a commencé par explorer le delta du Danube, là où le fleuve se jette dans la mer Noire.

Delta du Danube, Roumanie
Delta du Danube, Roumanie
Delta du Danube, Roumanie
Delta du Danube, Roumanie

Ensuite, un arrêt un peu inutile au château de Dracula, puis direction les Carpates. La nature y est vraiment intacte, et les animaux n’ont pas été chassés, donc ils ne fuient pas les humains et s’approchent. On y a fait la rando la plus folle de ma vie, un sentier recommandé par l’office de tourisme local, et clairement la personne qui le recommandait n’avait aucune idée de ce qu’elle vendait. Il nous a fallu 13 heures pour la boucler, la moitié du temps à escalader des parois verticales accrochés à des câbles, puis à courir le reste pour avoir une chance d’arriver avant le coucher du soleil. On nous avait prévenus de bien rester sur le sentier parce que beaucoup de touristes s’égarent et se perdent. Je pense que la raison, c’est qu’ils vendent un parcours de 13 heures pour randonneurs aguerris comme une balade dominicale de 6 heures. Pas étonnant que les gens essaient de couper pour rentrer à temps. C’était honnêtement super stressant. On est arrivés à la voiture avec moins de 5 minutes de jour devant nous. Aujourd’hui, c’est juste un beau souvenir, mais sur le moment, c’était nettement moins drôle.

La rando folle dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie
Randonnée dans les Carpates, Roumanie

On a aussi visité un sanctuaire qui s’occupe d’ours qui ont été maltraités par le passé. Ça s’appelle Libearty Bear Sanctuary , fondé par Cristina Lapis en 2005. Les visites n’étaient autorisées que quelques heures par jour pour limiter le dérangement, rien n’était fait pour attirer les ours, et s’ils ne voulaient pas voir d’humains, ils pouvaient rester loin de la foule (silencieuse). C’était la seule condition à laquelle j’aurais accepté de voir des ours en captivité, et je suis vraiment content que cet endroit existe. On a fait un don avec plaisir.

Libearty Bear Sanctuary, Roumanie
Libearty Bear Sanctuary, Roumanie
Libearty Bear Sanctuary, Roumanie

Avant de quitter la Roumanie, on a fait un dernier arrêt en Maramureș pour monter à bord du Mocăniţa, un petit train à vapeur à voie étroite qui serpente dans la vallée du Vaser, l’une des dernières voies ferrées forestières encore en service en Europe. Une manière douce et lente de clore notre chapitre roumain.

Mocăniţa Maramureș, vallée du Vaser, Roumanie
Train à vapeur Mocăniţa, vallée du Vaser, Roumanie
Train à vapeur Mocăniţa, vallée du Vaser, Roumanie

À partir de là, on a commencé à enchaîner plusieurs pays assez vite, parce qu’il fallait être à un mariage en Allemagne : Hongrie, Slovaquie et de nouveau Autriche. Le mariage passé, on est repartis vers l’ouest jusqu’à la côte atlantique française pour voir un peu de famille. Puis on a continué vers le sud le long de la côte, à profiter de l’océan, des longues plages et des dunes de sable. On a traversé les Pyrénées vers l’Espagne et roulé tout le long de la côte nord jusqu’en Galice. On s’est arrêtés à plusieurs reprises sur de belles plages et dans des grottes, et on y a croisé plein d’autres vanlifers.

La fin de notre voyage le long de la côte atlantique française et du nord de l'Espagne
Côte atlantique française
Côte atlantique française
Côte nord de l'Espagne
Côte nord de l'Espagne
Côte nord de l'Espagne

Après ça, il était temps de rentrer à Berlin, le coeur plein de souvenirs et absolument pas prêts à retrouver la vie urbaine et le boulot.